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INTERPELLONS LES PARLEMENTAIRES
➡️ C’est tous ensemble que nous porterons les revendications de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité en matière de fin de vie, et tous ensemble que nous ferons évoluer la loi actuelle vers une loi de liberté permettant à chacun de choisir les conditions de sa propre fin de vie avec la légalisation de l’aide active à mourir.
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Madame, Monsieur,
C’est en 1978 que votre collègue, le sénateur Caillavet, a déposé la toute première proposition de loi relative à la légalisation de l’aide active à mourir. Depuis, de nombreux pays ont accordé ce droit à leurs concitoyens, dans une procédure encadrée et mise en œuvre par des médecins volontaires. Aucune de ces démocraties n’a enregistré de dérive, de pente glissante, de volonté eugéniste. Juste une loi humaine qui place au cœur des décisions de fin de vie la volonté et la parole du patient. Car c’est lui qui sait le mieux ce qu’il convient de faire quand la vie lui échappe, que la médecine s’est déclarée impuissante à le guérir et que ce qui reste à venir n’est que de la survie, parfois artificielle, toujours difficile.
Le texte de loi que vous vous apprêtez à examiner en troisième lecture trouve son origine dans la Convention citoyenne sur la fin de vie qui a débuté ses travaux en décembre 2022, à la suite de l’avis 139 rendu par le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui se prononçait en faveur d’une modification de la loi sur la fin de vie en appliquant une procédure éthique en matière d’aide à mourir. Il y a trois ans et demi. La première version de ce texte a été présentée en Conseil des Ministres le 10 avril 2024. Cela fait donc plus de deux ans que le Parlement examine le dispositif qui permettra pour ceux qui le souhaitent (et pour ceux-là seulement) de bénéficier d’une aide active à mourir très encadrée, placée sous le contrôle des lois de notre République. Durant ces deux années, vous avez auditionné des dizaines de personnes, dont des médecins et des malades. Vous avez accompli un très gros travail, sur un sujet qui touche à l’intime et à l’éthique.
Plus de 90% des Français adhérent à une telle loi, selon des sondages constants depuis plus de vingt ans, et les médecins sont 74% à la demander afin de sécuriser des pratiques qu’ils connaissent et, pour certains, pratiquent déjà avec compassion et discernement.
Je ne sais pas ce que je demanderai lorsque la vie, pour moi, s’achèvera. Dans ce doute, je vous demande avec insistance de me permettre d’avoir le choix :
– une forme d’obstination raisonnable si je souhaite aller au bout, même si mes souffrances deviennent insupportables,
– des soins palliatifs de qualité, partout et pour tous (merci d’avoir voté cette loi, le 26 mai dernier),
– et, enfin, une aide à mourir qui me permettra, si je le souhaite, de ne plus souffrir et de ne pas agoniser.
Cette loi, tant attendue et tant espérée, sera un droit nouveau. Aussi humain que fut la loi sur l’IVG. Cette loi, tout comme pour l’IVG, n’emportera aucune contrainte : ni pour les citoyens (en fin de vie ou en bonne santé), ni pour les médecins grâce à la clause de conscience que vous avez votée.
Je ne vous demande rien d’autre que de m’offrir le choix et de poser un cadre législatif respectueux et humain.
Je compte sur vous. Ma fin de vie est aujourd’hui entre vos mains.